Parole d’adhérent : Olivier Pohardy “Les étudiants ont besoin des pros”

En cette période de confinement, l’APCOM souhaite donner la parole à ses membres pour qu’ils partagent leurs pratiques de communicant.e, leur nouvelle organisation et les impacts sur leur activité et plus largement sur le secteur de la communication. Rencontre avec Olivier Pohardy, administrateur de l’APCOM et responsable de spécialisation à Audencia SciencesCom.

Nous sommes en confinement depuis plusieurs semaines, quelles sont les conséquences sur votre activité professionnelle ?

Notre bâtiment, le Mediacampus, est vide d’étudiants, de profs et d’intervenants, de personnels administratifs et de visiteurs. Mais tout le monde bosse de chez lui ! Nous avons passé quasiment tous les enseignements en distanciel en une semaine. C’est une sorte d’exploit… L’une de nos principales préoccupations aujourd’hui, ce sont les suspensions et arrêts de stage. Ou encore le télétravail, utile pour des pros mais pas pleinement satisfaisant pour les étudiants qui doivent découvrir l’entreprise, la complexité de sa culture, ses pratiques professionnelles… Expérimenter les méthodes et outils sur le terrain est indispensable. Malgré les difficultés économiques, les entreprises devront dès que possible poursuivre leur investissement dans la formation des jeunes et ouvrir à nouveau leur porte.

 

Selon vous, quels seront les impacts de cette crise sur nos métiers et le secteur de la communication ?

Nos contacts permanents avec de nombreux professionnels montrent évidemment un fort impact sur les activités de communication. A court terme, et au niveau des agences, le coup est dur pour beaucoup d’activités, notamment l’événementiel. D’autres, centrés sur le conseil et maîtrisant bien les questions de communication de crise, sont au contraire très sollicitées. Au niveau des services de communication, les responsables de communication sont au front auprès des directions. A moyen terme, il serait hasardeux d’être péremptoire. Contrairement aux crises du passé qui ont été particulièrement durs pour les activités de communication, celle-ci est dure… pour toutes les fonctions de l’entreprise ! La communication s’est professionnalisée. Elle est de moins en moins cosmétique. La gestion des tuyaux et supports numériques, si importante aujourd’hui, est, pour une part, affaire de communicants et de pros des contenus. Par ailleurs, des thématiques lourdes comme la RSE impliquent des prises de positions de la part des entreprises. Ainsi, à terme, nos activités restent très porteuses… à condition, toutefois, d’être créatif, agile et réactif, à condition d’être ouvert aux évolutions de la société, à condition d’être à l’écoute de nos parties-prenantes… Et à condition de recruter des jeunes diplômés en communication bien formés !

Pour finir sur une note plus légère, avez-vous un coup de cœur à partager ?

Le coup de cœur du moment :  j’ai la grande chance d’avoir un jardin. Quand, lassé du télétravail, des notifications incessantes, des réunions à distance, quand, rincé de manœuvrer dans les arborescences des applications de construction de cours en ligne, alors je regarde par ma fenêtre et je contemple les loopings d’un couple de pinsons dans le cerisier, poursuivi à l’occasion par une équipe de mésanges charbonnières. Agilité, réactivité (comme le communicant), élégance, beauté (comme le communicant : euh… pas forcément). Bref, cinq minutes de petits oiseaux et je peux repartir télétravailler. Ça va mieux.